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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Figures singulières (2)

Publié le 17 Octobre 2013 par Asoliloque in figures singulières, critique, musique, pop, rock, lorde, agnes obel, soan, album

Lorde - Pure Heroine

 

J'ai découvert Lorde sur recommandation d'une amie (qui se reconnaîtra), juste avant qu'elle n'explose dans les médias, catapultée par on ne sait quelle association d'idée nouvelle Lana Del Rey. Il y a en effet quelques ressemblances (dans les vocales basses et musicalement sur quelques morceaux), mais c'est toujours marrant de voir les critiques ressortir en boucle les mêmes comparaisons.Toujours est-il que mon premier contact fut assez douloureux, car j'ai écouté Royals, et soyons clairs, je trouve ce morceau à chier. Pop hachée et pré-mâchée, j'ai failli foutre le camp sans jamais revenir.

 

Puis je suis passé à Tennis Court, et j'ai découvert un autre univers, quittant le toc pour aller se frotter à une électro-pop poisseuse, à l'érotisme opaque et mystérieux, presque condescendant, d'autant plus étrange que le demoiselle n'a que 16 ans (dans le clip, elle en paraît 8 de plus). Tennis Court fut mon point d'accès à l'album, qui se révèle souvent beaucoup plus mature et maîtrisé qu'on pourrait le craindre. Mes préférences vont à Buzzcut Season, Team (malgré son début merdique) ou encore A World alone, me rappelant plutôt Metric que Lana Del Rey. Quoiqu'il en soit, je compterai avec la jeune néo-zélandaise à l'avenir, parce qu'il est rare que je me remette d'une si mauvaise impression pour ensuite écouter un album en boucle pendant plusieurs jours.

 

L'album en écoute

  

Agnes Obel - Adventine

 

Si le premier album d'Agnes Obel a fait un carton, je dois reconnaître que ce n'est pas grâce à moi. Je m'étais prodigieusement ennuyé lors de mon écoute, et je n'avais pas cherché plus loin, laissant aux fans leur plaisir. Malgré tout, la sortie du second album m'a intrigué et je me suis penché dessus. Force est de constater que j'ai bien fait, car il est passionnant. J'utilise « passionnant » comme je dirais d'une énigme qu'elle est passionnante, dans la mesure où elle me laisse face à un tas de questionnements.

 

Il est fréquent qu'on aime plus ou moins un album au fil du temps. Ce n'est pas vraiment l'estime qui varie, mais on des envies différentes suivant les périodes. Par exemple, je n'ai pas toujours envie d'écouter Alela Diane (oui, je la cite à chaque article, un problème?), malgré l'amour que je lui porte (mon exemple est un peu pourri, j'ai presque toujours envie d'écouter Alela Diane). L'album d'Agnes Obel, c'est différent. Suivant l'heure ou le moral, je l'adore ou le déteste. Soit il me fascine, soit il m'ennuie. Mais quand il me fascine, j'y trouve une largueur de scène assez incroyable (c'est un album vaste, au sens physique du terme) et un violoncelle assez miraculeux. Et bien sûr, n'oublions pas la voix régnant délicatement au dessus de ce beau monde. Les fans apprécieront, les rétifs de la première heure devraient s'y essayer.

 

 L'album en écoute  

Soan - Sens interdits

 

J'aurais dû lui consacrer un article complet, mais le manque de temps en ce moment m'en empêche. Toujours est-il que Soan en est à son troisième album, et que plus personne ne peut désormais décemment lui parler de sa victoire à Nouvelle Star (mais les gens n'étaient pas décents, ils lui rappellent tout le temps quand-même). Il a prouvé qu'il avait largement les capacités musicales, vocales et littéraires pour s'imposer sans passer pour un imposteur, mais son caractère à contre courant continue de l'éloigner d'une partie du public, trop fière de cracher sur les gens qui remettent un minimum le système en cause. Soan s'en fout, et tant mieux.

 

Le deuxième album était un hommage à Sophie Barbe, d'une mélancolie prononcée et absolument magnifique, mais Soan a reconnu qu'il avait eu beaucoup de mal à le jouer sur scène, de par la charge émotionnelle qu'il comportait. Il a donc décidé au moyen de ce troisième album de livrer quelque chose de plus « festif », entraînant, plus drôle, même s'il ne délaisse pas les balades et les tristesses passagères. Ainsi, si le style me correspond un peu moins, c'est un plaisir de retrouver Soan à l'aise également dans ce domaine (entrevu dans le premier album), que ce soit en duo avec la Demoiselle Inconnue ou Rachid Taha, ou bien lors du désaxé et suranné Psycho cindirella. Il ne se passe rien est également une pépite inattendue et rafraîchissante. Mais mon cœur tout mou fan de la première heure ira forcément se greffer à Conquistador, un des plus anciens morceaux, heureux de l'avoir vu traverser les ans pour rejoindre un album.

 

A noter que Soan, invité à On n'est pas couché récemment, s'est opposé à Jean Claude Dassier à propos du travail le dimanche, lui expliquant que les « gens ne veulent pas travailler le dimanche, de l'argent leur suffirait », et que c'est une honte de pousser ainsi les gens à s'humilier par absence de choix. Applaudi par la salle, conspué par la sphère internet trop contente de le traiter de punk à chien et rebelle de seconde zone. Sachez-le, toute personne refusant d'accepter poliment les directives capitalistes consistant à maintenir les gens dans la boue est un rebelle de seconde zone. On est pas sorti du sable.

 

Bref, écoutez l'album, ce sera déjà une bonne chose de faite.

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