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Stay Gold, de First aid kit : les promesses de la jeunesse dorée

16 Juin 2014 , Rédigé par Asoliloque Publié dans #écriture, #critique, #musique, #album, #folk, #First aid kit, #Stay gold, #Alela Diane, #The Lion's Roar

Groupe : First aid kit

Album : Stay Gold

Année : 2014

Genre : Folk

 

Critique : Pour la première fois de ma vie, j'ai pré-commandé un album. Je suis d'un naturel un peu avare en matière d'achats, et je n'investis généralement que dans les vinyles que j'aime profondément. Je ne pouvais prévoir qu'il en serait de même pour Stay Gold de First aid kit, même si les deux morceaux sortis en avance m'avaient charmé au delà du raisonnable. La promesse d'avoir un disque doré réservé aux pré-commandes a achevé de me convaincre (on est bien peu de choses face aux grigris esthétiques) et j'ai franchi le pas.

 

S'il y a bien une chose qu'on peut « reprocher » à Alela Diane (même si ce n'est pas de son fait), c'est qu'elle se prête assez mal aux ambiances festives. Difficile, lors d'une soirée, même avec des gens dont on connaît les goûts similaires, de balancer un disque de folk reposant majoritairement sur l'association guitare/voix. Pétage d'ambiance assuré et certitude de recevoir des commentaires du style « c'est bien joli, mais pas très entraînement, ta chanteuse ». A bien des égards, Alela Diane s'écoute seul-e ou à deux, dans le confort d'une chambre ou la torpeur d'une salle intimiste.

 

Aussi, s'il y a un groupe que je crois capable de faire changer d'avis celles et ceux qui n'apprécient pas particulièrement la folk, la jugeant trop chiante ou trop minimaliste, c'est assurément First aid kit. J'ai découvert les deux sœurs suédoises au lycée par le biais de leur morceau Our own pretty ways mais j'y suis réellement revenu à l'occasion de leur deuxième album, The Lion's roar, qui avait été mon préféré de l'année 2012. Depuis, c'est mon groupe (donc j'exclue les chanteuses seules , vous voyez de qui je parle) de folk ultime, celui qui me tire de la tristesse à chaque fois ou m'y accompagne avec le plus de ferveur.

 

Car si First aid kit imprime dans chacun de ses morceaux une ambiance mélancolique, c'est un groupe qui n'hésite pas à s'entourer de beaucoup d'instruments (la production de leurs albums est toujours remarquable) pour livrer des chansons énergiques et puissantes, loin de la sobriété d'une petite gratte acoustique. L'album The Lion's roar faisait certes la part belle aux ballades, mais ne se livrait jamais à la facilité d'une ligne musicale unique, plongeant l'ensemble dans une ambiance estivale très américaine, chaude, presque poisseuse par moments.

 

Cette fois, avec Stay Gold, First aid kit a peut-être réalisé ce que j'attendais depuis le début : lâcher totalement les chevaux. Ainsi, le nombre de morceaux très rythmés bâtis sur les envolées lyriques (tellement belles car fonctionnant sur l'accord des deux voix aux timbres différents) et les accélérations subites se voit augmenté, porté par ceux qui sont désormais, je pense, mes deux morceaux préférés du groupe : My Silver Linning et le morceau éponyme, Stay Gold. Waitress Song ou Heaven Knows reposent également sur le même principe, et montrent bien l'importance accordée aux percussions.

 

Si elles ont souvent été présentes chez First aid kit, elles se voient ici donner un rôle essentiel, enivrant, presque plus musical qu'uniquement rythmique. Donnant un punch incroyable aux morceaux, elles me donnent envie d'enfiler une robe et de partir tourner en rond dans les champs en sautillant et remuant la tête (et j'emmerde joyeusement ceux que ça dérangerait que j'enfile une robe) et se marient très bien avec les guitares et les violons.

 

Que celles et ceux qui préfèrent les ballades langoureuses se rassurent, l'album en propose également, Cedar Lane (et sa pedal steel guitar discrète) et A Long time ago (le violon et le piano sont décidément faits pour les histoires de ruptures) en sont de parfaits exemples. Shatter & Hollow, quant à elle, s'aventure sur un terrain plus hanté, tandis que The Bell débute comme un morceau classique du groupe avant de laisser entendre des accents vocaux qui m'ont étrangement rappelé... Dolores O'Riordan (« can you hear the bell ?").

 

J'ai l'habitude d'écouter comme un dingue les albums que je découvre et qui me plaisent (au risque de m'en lasser rapidement), Stay gold tourne déjà en boucle depuis deux jours à l'heure où j'écris cet article, et j'attends mon vinyle avec impatience pour pouvoir danser dans mon salon en préparant des gin tonic (je précise que ceci EST une conception du bonheur qui peut se défendre devant un jury). Assurément mon album préféré de l'année, et il est probable qu'il le reste, tant son arrivée m'aura immédiatement permis de tout mieux supporter, à commencer par la chaleur infâme qui règne dehors. First aid kit me ravit un peu plus chaque jour et quand je vois l'âge des deux sœurs (23 et 21 ans seulement), je me dis que nous assistons peut-être à la confirmation d'un des plus grands groupes de folk jamais créés.

 

Si l'on a coutume de penser qu'il n'y a rien de plus émouvant que les surprises, j'ai tendance à croire en ce moment que l'entérinement des promesses est la plus belle chose qui soit. A ce titre, cet album résonne particulièrement, et j'ose espérer qu'il résonnera longtemps.

 

L'album en écoute

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