Chroniques du Corona - Jour 11
Chroniques du Corona - Jour 11
Cher Journal,
Le Maire a gentiment demandé aux multinationales d'y aller mollo sur les dividendes. Résultat, les actionnaires se sont partagés 389 milliards d'euros, un record. Fort heureusement, la faillite mondiale ne les concernera pas.
Pendant ce temps, la macronie accuse la CGT de ne pas participer à l'effort de guerre en invitant les salariés à se mettre en grève pour lutter contre la plus grande régression du code du travail de l'histoire. On a donc atteint ce niveau de honte, qu'on ne tardera plus trop à nommer du fascisme.
Décidément, Schopenhauer avait raison : « aujourd'hui et mauvais, et chaque jour sera plus mauvais, jusqu'à ce que le pire arrive ». Il n'y a désormais plus grand chose qui m'inspire autre chose que de la fureur. Il ne me restera bientôt plus que le déni pour supporter l'application systématique de la loi de l'emmerdement maximum.
Les routines fitness s'accumulent sur le net, surdoses d'exercices pour bien veiller à rester en forme. Mais comment peut-on rester en forme quand autant de saloperies font déborder la coupe ? Qui a encore envie de faire des efforts pour conserver un corps en état de fonctionnement ? Je n'ai qu'une envie, laisser le mien à l'abandon. La moindre dépense d'énergie m'agace au delà du raisonnable.
Je n'ai plus envie de participer. A rien. J'ai basculé dans une phase de sidération absolue. Je suis en stase, comme une chrysalide dont on ne sait si elle abrite un papillon ou un tas de poussière moisie.
Le sommeil s'est déréglé, ou peut-être ai-je retrouvé mon vrai rythme, composé de nuits interminables à tourner en rond, suivies de matinées comateuses entrecoupées de cauchemars absurdes.
Heureusement, je peux encore me lover au creux d'albums magnifiques. Le dernier Robi est de cette trempe. De ceux qui sauvent en attendant des jours meilleurs.