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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Cats on trees, quand les chats poursuivent les sirènes.

Publié le 7 Décembre 2013 par Asoliloque in critique, musique, cats on trees, album, pop, folk

Groupe : Cats on trees

Album : Cats on trees

Année : 2013

Genre : Pop

 

Critique : Si les Cats on trees me lisaient (ce qui n'est pas improbable vu mon audience à peu près similaire à celles des Inrocks), ils m'en voudraient sûrement de ne parler que maintenant de leur album alors que cela doit bien faire un mois ou deux que je l'écoute. Mais il y a parfois des événements qui obligent à revoir ses plans, et ces derniers temps, les événements se sont nommés « Alabama Monroe » et « Détroit ». Aussi ce n'est que maintenant que j'aborde leur album. Ce n'est pas un mal pour autant tant il pourrait se révéler un bon allié pour passer l'hiver.

 

Cats on trees est un duo français, toulousain plus exactement, composé de Nina Goern (au chant) et Yohann Hennequin. Pour être tout à fait honnête, c'est le regard de Nina Goern sur la pochette de l'album qui m'a attiré alors que je traînais mon âme en peine sur Deezer. J'aimerais faire montre de plus d'objectivité quant à mes choix musicaux, mais bon, avant d'écouter, il faut bien quelque chose pour franchir le pas. J'aime d'ailleurs beaucoup cette pochette dans son ensemble, avec l'association très pop et colorée du titre avec le côté plus reposant des visages et des plantes entrelacées.

 

Elle est à l'image de l'album, qui bascule entre morceaux pop énergiques, construits sur l'association piano/percussions, et balades plus mélancoliques où la batterie se fait moins imposante pour laisser place aux cordes (violons). Si la voix de Nina Goern paraît au départ assez «classique», elle se marie à merveille avec les diverses instrumentations et se révèle beaucoup plus texturée qu'on le pense au fur et à mesure des écoutes, surtout quand elle s'aventure dans les graves. Personnellement, j'aime beaucoup, sauf à de rares occasions où – aidés par une musique moins inspirée (comme dans Too Much) – on se prend à penser à Lily Allen (vous avez le droit d'aimer Lily Allen, le bon goût n'étant pas forcément un objectif dans la vie).

 

L'album de Cats on trees me rappelle assez celui de Boy (duo totalement féminin cette fois), qui faisait également la part belle aux morceaux efficaces et radiophoniques, et d'autres capables de vous foutre un coup de blues bien placé. Au rayon des chansons pop, nous avons Burn, Tikity Boy, ou encore Wichita, quand du côté des balades, on se tournera vers You Win (mon morceau préféré) et Flowers. Le réjouissant Jimmy (et son entêtant refrain « forgive me and forgive us ») et Sirens call, choisi pour être le tube de l'album et déjà entendu à la radio (ce qui est une bonne nouvelle vu le nombre de bouses infâmes qu'on se tape habituellement sur les ondes nationales), sont à mi chemin entre les deux ambiances.

 

C'est un peu comme pour Lilly Wood and the prick, l'énergie et la joie apparente sont souvent une façon de faire passer la pilule, de faire danser tout en rappelant en creux que si nous pouvons bouger, nous sommes quand-même des morts en suspens. Comme l'album de Cats on trees est très bien produit (il a été pensé longtemps et est irréprochable sur le plan du mixage et de la cohérence musicale), il pourrait passer pour un objet lisse, trop joli et gentil pour être vraiment sérieux (surtout vu le nom du groupe), mais il n'en est rien, même s'il manque peut-être un peu d'originalité par rapport à d'autres partis pris artistiques. Au fil des écoutes, il dévoile une profondeur très appréciable et nombreuses furent mes expéditions ces dernières semaines où il m'accompagnait face à la ville froide.

 

En somme, ce duo sexy et talentueux, facilité par le choix de l'anglais, ne devrait pas avoir trop de mal à se faire un nom hors de chez nous. Leur label, Tôt ou tard, regroupant des artistes tels que Vincent Delerm (non, je dis pas ça pour vous faire (re)lire mon article précédent), Da Silva, Shaka Ponk, ou encore la regrettée et merveilleuse Lhasa de Sela, a visiblement encore une fois eu le nez creux. Pour ma part, je leur souhaite une bonne continuation, en espérant peut-être pour le prochain un registre plus rock, et en attendant je les remercie déjà en prévision des après-midi où je n'aurai qu'eux pour combattre la neige.

 

L'album en écoute

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