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The Day : On the road again ?

4 Février 2013 , Rédigé par Asoliloque Publié dans #critique, #film, #cinéma, #post-apocalyptique, #survival, #La Route, #The Day, #The Divide

Titre : The Day
Réalisateur : Douglas Aarniokoski
Année : 2011
Casting principal : Shannyn Sossamon, Ashley Bell, Dominic Monaghan...

Synopsis (Allociné) : Dans un futur post-apocalyptique, un groupe de 5 personnes erre sur la route. Affamés, ils luttent pour survivre. Lorsqu’ils découvrent ce qu’ils pensent être une maison abandonnée où se réfugier, le piège se referme brutalement sur eux : un gang assoifé de sang les prend en chasse…

Critique : Passer après un mythe est toujours compliqué. Passer après un mythe quand on semble ouvertement se réclamer de celui-ci est encore plus difficile à gérer. Dans la longue liste des films relevant du post-apocalyptique, nombreux sont ceux à reconnaître qu'il y a eu un avant et un après La Route. Le film de John Hillcoat, sorti en 2009 avec Viggo Mortensen, adapté du livre éponyme de Cormac MacCarthy que tout le monde jugeait inadaptable, a posé le dernier jalon en date dans ce genre cinématographique, oubliant pour une fois les affectueux mais trop présents zombies.

Depuis, beaucoup de productions se sont frotté au road-movie crépusculaire. Le Livre d'Eli, sorti en 2010, a par exemple de nombreux points communs, même s'il révèle très inégal. Dans le domaine du jeu vidéo, on pourra citer I am Alive, Deadlight, ou le très prometteur The Last of us, où un homme et sa fille tentent de survivre dans un univers totalement dévasté. Et puis en 2011, directement catapulté en DVD, apparaît The Day. Comme vous le savez, les direct to dvd, c'est rarement bon signe, même si la bombe The Divide a prouvé que les exceptions existent.

Là où Le livre d'Eli avait des ressemblances avec La Route, The Day lui repompe carrément toute son esthétique. Décors pelés, en dégradés de gris (les rares couleurs du film sont au début et quand le soleil daigne pointer le bout de son nez), dépouillement total, atmosphère crasseuse, bref, si vous avez apprécié l'ambiance de La Route, vous serez en terrain conquis (tant que vous ne criez pas au plagiat). Sans compter que les cannibales sont encore de la partie.

Dès lors, difficile de se démarquer de son illustre prédécesseur. The Day choisit donc de prendre le contrepoint de La Route dans son traitement narratif. En effet, là où le second expérimente la durée, la difficulté de survivre au quotidien dans un monde où le temps n'existe plus, le film qui nous intéresse aujourd'hui choisit de resserrer son intrigue au cours d'une seule journée (d'où le titre, me direz-vous), et par extension, de privilégier un rythme beaucoup plus soutenu. Car si le film met un peu de temps à démarrer (nous permettant de profiter de quelques jolis plans), difficile de le lâcher après la première demi-heure.

The Day expérimente les dilemmes habituels de ce genre de production dans un laps de temps si court qu'il ne laisse que peu de temps à la réflexion. Pas de dissertation vaseuse sur le sens de l'existence, juste quelques phrases, des regards, des tentatives avortées d'intimité, avant de devoir de toute façon s'en remettre au fusil ou à la machette pour sauver sa peau. The Day n'a pas la prétention d'être un film intellectualisant, mais il porte en lui une violence et une énergie qui s'avèrent plutôt jubilatoires (à condition de ne pas être rebuté à l'idée d'un peu d'hémoglobine par-ci par-là).

L'air de rien, on se prend d'une certaine empathie pour les personnages, qui sera poussée à son paroxysme dans la dernière demi-heure, et si, puisqu'on ne cesse de le comparer à La Route, The Day n'est pas aussi bouleversant, il n'en demeure pas moins marquant. Les acteurs, sans être des vedettes, ont déjà du vécu (j'avais déjà vu Shannyn Sossamon dans les Lois de l'Attraction, et Michael Eklund, ici en perso secondaire, était remarquable dans The Divide) et livrent une prestation pour le moins convaincante.

La bande-son, plutôt discrète, sait se faire remarquer quand il le faut. Mais, pour l'anecdote, il se trouve que je viens de découvrir un groupe, Esben and the Witch, dont je vous parlerai peut-être plus en détail dans un futur article. Et certains de leurs morceaux auraient tout à fait correspondu à l'atmosphère du film. Du coup, durant le visionnage, j'ai inconsciemment plaqué certains passages musicaux venant du groupe alors qu'ils ne sont absolument pas présents. Tout cela pour dire que The Day, pas franchement plébiscité par le public (sans être massacré pour autant) saura vous satisfaire s'il fait écho à certaines références vous étant déjà familières. Loin de révolutionner le genre, il en propose une version très acceptable, avec ses beaux moments et ses scènes de violence classieuses. Un enfant de plus pour La Route, qui pourrait mériter d'entrer dans la famille au lieu d'hériter du rôle de bâtard sur lequel on ferme les yeux.

 

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