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Django Unchained : "Implosion, explosion, mort aux cons..."

28 Janvier 2013 , Rédigé par Asoliloque Publié dans #critique, #film, #cinema, #tarantino, #western, #django unchained, #inglourious basterds, #Pulp fiction

Titre : Django Unchained
Réalisateur : Quentin Tarantino
Année : 2013
Casting principal : Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo Di Caprio...

Synopsis (allocine) : Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs. Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…

Critique : Django Unchained a déchaîné (si je puis dire) la polémique ces derniers mois, les bien-pensants de tous poils se jetant sur le film pour reprocher, comme toujours, l'abus de violence, le langage grossier et autres familiarités chères à Tarantino. En cause, l'utilisation récurrente du mot « nègre », faisant de Django Unchained un film potentiellement putassier. Sérieusement ? Les mêmes qui gueulaient contre le manque de réalisme de Inglourious Basterds reprocheraient à un film censé se passer dans les années 1850 d'user du mot « nègre » alors que c'était le qualificatif officiel pour tout le monde à l'époque, et surtout, logiquement, pour les vendeurs d'esclaves dont il est question ici ?

Pour autant, même si je savais le fond de la polémique ridicule, Django Unchained ne m'emballait pas plus que ça sur le papier. Il faut dire que le western n'est pas un genre que j'apprécie spécialement, d'autant plus s'il est couplé à une morale humaniste (je déteste les bons sentiments au cinéma). Mais ce serait oublier que Tarantino a toujours fait du western dans ses films. Que ce soit Kill Bill (surtout le 2) ou Inglourious Basterds, les codes et références sont là, et ce n'est pas le recours quasi-systématique à la musique d'Ennio Morricone qui dira le contraire.

Du coup, un véritable western réalisé par Tarantino m'apparaissait comme difficilement évitable. Et force est de constater que je me suis encore pris un coup sur le travers de la gueule. Bien sûr, quelques grognons feront la fine bouche, mais il est rare de prendre un tel pied durant près de trois heures. Comme si Tarantino avait enfin l'opportunité de traiter du sujet directement, sans passer par la parodie (même si celle-ci est très présente, elle reste inhérente au genre), et que cela lui permettait de laisser libre cours à sa fibre virtuose.

Tarantino utilise depuis toujours une méthode présente chez nombre de réalisateurs, à commencer par Hitchock : charger la séquence d'intensité, la bourrer ras la gueule en faisant bouillir la marmite, pour ensuite prendre le maximum de plaisir à tout faire exploser. Hitchock a tout simplement nommé cette tension montante le suspense, qui crispe le spectateur sur son siège, en attendant que la situation se résolve. Chez Tarantino, la tension passe par le dialogue.

Car dans Django Unchained, plus encore que par le passé (comme par exemple dans Inglourious Basterds lors de la (trop) longue séquence dans le bar), les mots sont des coups de semonce, des balles à blanc, en somme un premier duel entre gens bien éduqués avant que la situation n'explose et que tout se résolve à coup de pistolet dans la tronche, de sang qui éclabousse, bref, dans un gigantesque orgasme rouge sentant la poudre. Ça énervera certains, j'en ai conscience. Ils hurleront soit à la facilité, soit à l'immoralité. Mais Tarantino a toujours été clair. Au cinéma, contrairement à la vie, tous les moyens sont bons si la fin est juste.

Conscient tout de même que le film charriait un passé lourd à porter (l'esclavage n'est pas le thème le plus joyeux du monde), Tarantino n'a pas lésiné sur l'humour, très noir souvent, potache parfois, pour désamorcer les situations qui pourraient se révéler trop dures. Ainsi, certaines séquences, comme celle « du sac sur la tête » paraissent assez surréalistes mais sont pour le coup très drôles en créant un décalage salutaire. Sans compter Christoph Walz, déjà excellent dans Inglourious Basterds, qui illumine le film de son talent et de son pouvoir comique. Le reste du casting n'a pas à rougir, et Leonardo Di Caprio et prouve si besoin était qu'il n'a pas volé sa casquette de star internationale.

C'est plutôt dans la répartition du casting que j'émettrai quelques réserves. En effet, le nombre de femmes est drastiquement réduit, et la principale se limite à une princesse à sauver. Or c'est très rare que les femmes se trouvent mises à l'écart dans un Tarantino. En fait, pas depuis Reservoir Dogs. Dans Pulp Fiction, le personnage de Mia Wallace (Uma Thurman) est à coup sûr le plus intéressant. Plus récemment, dans Inglourious Basterds, Mélanie Laurent conduisait sa propre résistance et Diane Kruger organisait son équipe, laissant à Brad Pitt et sa bande la caution comique. Sans parler évidemment de Jackie Brown dans le film éponyme, Beatrice Kidow dans Kill Bill, ou le « gang de nanas » dans Boulevard de la Mort, qui ont amené beaucoup de personnes à considérer le réalisateur comme féministe. Sans aller jusqu'à cette affirmation (qui n'est pas forcément fausse), il laisse dans son œuvre une place prépondérante aux femmes, et c'est assez surprenant que cette fois-ci il n'en soit rien. Mais après tout, si l'on se place du point de vue historique, c'était sans doute assez difficile de mener un combat de front contre l'esclavagisme et de traiter également de la condition des femmes à l'époque, qui restaient pour le moins réduites aux rôles d'hôtesses de maison.

Bref, hormis cette réserve, Django Unchained se savoure du début à la fin (malgré quelques longueurs, il faut le reconnaître), et s'impose comme un monument de western, de film de vengeance, de tout ce qui fait triper au cinéma. Et je ne peux conclure cette critique sans rendre  hommage à la merveilleuse BO (comme d'habitude, dans un Tarantino), peut-être la meilleure depuis Pulp Fiction. Courez-y, vous vous plaindrez ensuite.

 

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D
Super critique, pour un Tarantino j'attendais plus de personnage féminin c'est sûr !<br /> Et il y a quelque chose qui ma vraiment déranger : Les doublages étaient vraiment dégelasses. Quand les mots ne collent pas sûr les lèvres sur un gros plan c'est vraiment désagréable ! <br /> Bref un film à voir en VO !
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