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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

The Velvet Underground and Nico : Le fantôme du joyau brut.

Publié le 10 Novembre 2012 in musique, critique, rock, The Velvet Underground, Nico, album

Titre : The Velvet Underground & Nico
Groupe : The Velvet Underground (et Nico)
Année : 1967
Genre : Rock

Critique : Oui, je sais, j'ai plus de 40 ans de retard concernant cet album. Entre temps, tout a été dit et écrit dessus, il fait ainsi parti des productions tellement cultes et incontournables qu'il faut vraiment chercher pour trouver quelqu'un n'ayant jamais entendu un seul morceau de ce premier opus du Velvet. Classé 13ème meilleur album de tous les temps par Rolling Stone magazine, véritable bible pour des centaines de groupes, The Velvet Underground and Nico marque le début d'une nouvelle époque et annonce déjà sa fin, montrant une certaine idée de la perfection poétique.

 

Alors pourquoi en parler maintenant ? Et bien simplement parce que j'ai reçu le vinyle à mon anniversaire, et qu'aussi surprenant que cela puisse paraître, je n'avais jamais écouté ces chansons sur l'album. En réalité, je les connaissais quasiment toutes, mais je les avais entendues séparément à diverses occasions, que ce soit sur l'autoradio familial, lors de diverses soirées où dans le restaurant/bar tenu par des amis que nous fréquentions dans le temps.

 

Jusqu'à me rendre compte que tout était là, cristallisé dans cet album à la pochette immonde (je vais être clair, je n'ai jamais rien aimé de ce que pouvait faire Andy Wharol). Et soudainement, je tenais un diamant entre mes mains, le contenant d'un pur fantasme auditif.

 

Dans cet album, il y a peut-être tout. De la balade rock mélancolique (Sunday Morning, I'll be your mirror...) aux plus incroyables expérimentations musicales (Heroin, European Song...), du charme buriné de Lou Reed à la classieuse ombre de la divine Nico, des frémissements de Woodstock au retour sur terre. The Velvet est un disque à écouter le matin quand on a pas dormi la nuit. Un disque à fumer ou boire autant qu'à écouter. Il faut se laisser porter par ces poésies plongeant au cœur de la drogue, du sado-masochisme, du narcissisme amoureux, explorant les plus beaux côtés pour conduire aux plus bas instincts. Profondément prophétique sur une époque qui commençait à connaître la libération (sexuelle, entre autres), mais qui du coup allait s'enfoncer dans de nouvelles névroses et contradictions.

 

The Velvet est un disque phénoménal car apparemment banal. Il faut dire que tellement de groupes s'en sont inspirés que la plupart des sonorités nous sont familières. Elles le sont précisément parce qu'elles sont l'origine. Le gêne initiateur. Quand j'écoutais Soko l'autre fois, avec I Thought I was an alien, c'était le Velvet que j'entendais en filigrane. Quand j'écoute Soap&Skin (qui déclare elle-même l'avoir pour influence), je retrouve dans sa mine grave et son charisme presque altier le fantôme de Nico. Etc, etc...

 

The Velvet est à coup sûr la muse de bien des gens qui ont suivi. A ce titre, remonter à la source provoque le même plaisir que côtoyer enfin une fille, habituellement fardée, sans maquillage. On retrouve l'essence même, la beauté pure, rêche, certes, presque agressive par moments, mais on a conscience d'avoir accès au joyau brut, celui pas encore poli par les affres du temps et des conventions.

 

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