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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Hors-champ (6) : Lupanar pour broderies

Publié le 22 Mars 2013 par Asoliloque in atelier, écriture, hors-champ

Atelier d'écriture n°7

- Ecrire un conte à partir du début en italique

- Durée : environ 30 minutes.

 

Lupanar pour broderies

 

Il était une fois dans un pays lointain un jeune prince que faisait le désespoir de son père le roi. En effet, il n'avait aucun goût pour les armes ni pour les affaires du royaume. Sa seule passion était la broderie. Un jour de printemps, le roi, qui fêtait pour l'occasion ses soixante ans et craignait plus que tout de laisser un incapable aux commandes du royaume, décida de changer de méthode. Si les menaces ne marchaient pas, la persuasion se révélerait peut-être plus efficace. Il devenait urgent de régler la question.

Il se rendit donc dans l'aile du château qui abritait la chambre de son fils. Il le trouva entrain de broder un immense couvre-lit en forme d'orque, un animal mystérieux qu'un barde venu du nord lui avait décrit.

- Mon fils, j'aimerais vous parler.

- Bien sûr.

Il posa ses aiguilles.

- Je sais que nous avons eu quelques différends quant à vos occupations ces derniers temps. C'est pourquoi je suis venu vous présenter mes excuses.

Le roi appela et apparut dans l'embrasure de la porte une jeune femme rousse.

- Je vous présente Dolores, c'est une esclave irlandaise que nous avons gagnée lors de notre dernière bataille. En théorie, elle revient au chef, c'est à dire moi, mais vous savez comme votre mère est tatillonne. Alors j'ai pensé que vous pourriez en profiter un peu.

- En profiter ?

- Eh bien voyons, c'est une femme, et même si vous ne sortez quasiment jamais de votre chambre, vous savez quand-même à quoi elles ressemblent ?

- Evidemment, pourquoi me prenez-vous pour un imbécile ?

- Je ne vous prends pas pour un imbécile, je vérifie. Donc, je vous prête cette esclave pour une heure.

- Et qu'est-ce que j'en fais ?

- A votre avis ?! Que voulez-vous faire avec une esclave irlandaise de vingt-et-un ans qui doit vous obéir coûte que coûte ?

Le regard du prince s'éclaircit, venant de comprendre où son père voulait en venir.

- Ah. D'accord. Je comprends. Merci.

Le roi, trop heureux de l'avoir convaincu si vite, poussa presque la jeune fille dans la chambre avant de refermer la porte. Au lieu d'une heure, il allait lui en laisser deux, au cas où il serait vraiment long à la détente. Ensuite, cela l'amènerait probablement à revenir dans le droit chemin, le roi étant persuadé que les femmes et les armes se maniaient de la même façon, c'est à dire avec beaucoup de prudence, à la différence que les premières pouvaient se révéler bien plus dangereuses que les secondes.

Deux heures plus tard, il revint, frappa à la porte, et entendit son fils à travers la cloison l'inviter à entrer.

C'est alors qu'il découvrit l'immense couvre-lit, qui avait doublé de volume depuis la dernière fois qu'il l'avait vu. Le prince et la jeune femme s'attaquaient chacun à un côté du tissu pour multiplier la vitesse de broderie.

Le roi, soudain empli d'une grande fatigue, écouta à peine son fils lui parler :

- Vous avez vu, elle apprend vite, hein ? Je pense que plus tard, nous ouvrirons une boutique près du port. Les couvre-lits avec des poissons dessus, ça fera ton sur ton.

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