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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Hors-champ (1)

Publié le 31 Janvier 2013 par Asoliloque in hors-champ, écriture, plaisirs

Nouvelle rubrique sur le blog, qui viendra de temps en temps, au rythme des envies. Les hors-champs seront des écrits non reliés au journal de Sisyphe, sans forcément grand intérêt, plus dans l'ambiance de ce que je pouvais faire par le passé. Le premier hors-champ est d'ailleurs un vieux texte, mais comme nous avons traité en atelier d'écriture l'éternel "j'aime/j'aime pas", j'ai tâché de le retrouver (sans modifications, certaines choses ne sont plus forcément vraies) vu qu'il convenait plutôt. Par contre, pour une fois, je ne traite que les bons côtés. Allez ensuite me traiter d'aigri, pingres !

 

Un verre de vin rouge qui se renverse sur une nappe en papier blanc. Un mur dont le crépi se détache avec les doigts. Le craquement des glaçons plongés dans de l'eau glacée. Lire des vers à voix haute en détachant chaque syllabe. Attendre d'avoir très soif pour boire. Regarder la pluie couler le long d'une vitre. Lisser une plume d'oiseau pour que les barbes ne fassent plus de paquets. Empiler des morceaux de sucre et essayer de tout faire tomber en enlevant un seul élément. Respirer l'odeur des fleurs la nuit. Couper une mèche au ciseau cheveu après cheveu. Taper sur le clavier dans un rythme associé à la chanson en écoute. Dire des suites de mots sans réfléchir juste parce qu'ils sont jolis à prononcer. Tuer un moustique en vol. Manger de la glace directement dans le pot. Tasser du sable mouillé. Marcher sur un quai de métro de l'autre côté de la ligne blanche. Effleurer les courbes de visages féminins du bout des doigts comme un aveugle prendrait le pouls d'une statue. Prendre les escalators à contre sens. Dessiner sur son tapis de souris avec un stylo bille. Marcher en rond quand on téléphone. Plonger la cuillère-doseur dans le paquet de café puis enlever le surplus avec le doigt pour que le niveau soit exactement celui des rebords de la-dite cuillère. Somnoler à l'arrière d'une voiture qui roule la nuit tombée. Ecouter une chanteuse folk jouer sur un toit. Dire non tant qu'on le droit de dire non et encore plus quand on n'a plus le droit. Regarder dans le vide sans qu'un crétin vous le fasse remarquer en agitant frénétiquement la main devant vos yeux. Marcher quand on a des fourmis dans une jambe. Battre la mesure du bout des doigts sur un coin de bureau. Imaginer qu'on rencontre ses héroïnes d'écriture. Avoir une crampe dans la nuque. Regarder le papier se rétracter dans le feu comme pour se protéger des flammes. Réussir une installation sans aucun problème. Partir en arrière dans un train. Ecrire parce qu'on en a envie et non parce qu'on arriverait pas à dormir sinon. Avoir quelque chose à dire. Etre écouté quand on le dit. Discuter dans l'obscurité. Etre du côté du bus/de la voiture où il n'y a pas le soleil. Planter un couteau dans un pied de lit en bois jusqu'à ce qu'il soit pile au centre. Etirer de la pâte à fixe jusqu'à se qu'elle se sépare dans des petits claquements. Remplir un bureau fraichement monté. Etre le premier à marcher dans la neige immaculée. Faire croire aux démarcheurs publicitaires téléphoniques qu'on est sur le point de se suicider pour se débarrasser d'eux. Etre contre tout le monde mais avoir raison. Avoir une livebox qui marche. Se masser entre les doigts quand on a mal au crâne, même en sachant que c'est inutile. Sortir un cachet de son enveloppe plastique (puis l'avaler, même en sachant que là aussi, c'est inutile). Quitter une maison pleine de gens pour aller faire un tour dehors (de nuit, évidemment). Continuer à rien foutre quand on a bien commencé. Se dire que les personnes en valant la peine se comptent sur les doigts d'une main et en conclure que c'est bien suffisant. Partager une cuite sur un banc la nuit, surtout quand ça ne plait pas aux voisins. Ecrire des poèmes dans ses devoirs de maths. Savoir que les-dits devoirs de maths sont du passé. Réaliser qu'il est presque 2h30, qu'on a fac le lendemain, mais que les cours sont en début d'aprem. Ecrire, écrire, sans se demander comment tout ça finira. Savoir que rien n'a de sens mais qu'au fond, il y a peut-être des choses qui méritent qu'on s'y attarde.

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