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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Happiness Therapy : "Est-ce moi ou les autres qui sont fous ?"

Publié le 6 Mai 2013 par Asoliloque in critique, film, cinéma, happiness therapy, bradley cooper, jennifer lawrence, robert de niro, comédie, drame

Titre : Happiness Therapy

Réalisateur : David O.Russell

Année : 2012

Casting principal : Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert de Niro...

 

Synopsis (allociné) : Pat Solitano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents.
Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives.

 

Critique : Je crois que j'aime les obsédés. Pas les sexuels (quoique, il y en a des touchants (trop, d'ailleurs, pour certains, c'est d'ailleurs leur problème, mais je vais éviter de commencer avec une parenthèse plus longue que mon paragraphe)), mais disons les gens qui se donnent un objectif et qui font disparaître tout le reste autour pour le mener à bien. C'est parfois dangereux, c'est parfois amoral, c'est parfois un objectif misérable (par exemple devenir un magnat de la finance), mais ils font toujours des personnages intéressants. Je crois que c'est pour cette raison que les mathématiciens me fascinent, même si je ne les supporte pas.

 

Je crois que j'aime aussi les asociaux. Les gens qu'on a décrété comme hors de la norme, les marginaux. Qui ressentent différemment ou ne ressentent que rarement, car ils n'ont pas envie de participer à ce carnaval absurde qu'est l'existence. Ils ont refusé de mettre leur déguisement. Ils ont fait le tour de l'hypocrisie et ont compris qu'elle ne menait qu'à des relations factices. Ils ont décidé de creuser plus loin. Les artistes sont des misanthropes qui aiment bien plus que les autres.

 

Comment redevenir un acteur du monde quand on est devenu fou ? A partir du moment où la société vous a diagnostiqué comme tel, chaque parole sera jugée à l'aune de cet état de fait, chaque comportement sera scruté pour vérifier s'il correspond à l'image qu'on se fait de la normalité. On pardonne beaucoup d'absurdités aux personnes considérées comme sensées. C'est une autre affaire pour ceux qui sortent d'un hôpital psychiatrique, et ce regard différent peut les enfermer encore plus.

 

Dans Happiness Therapy, Pat (Bradley Cooper) ne s'intéresse pas à comment la société va le réceptionner. Il n'a que pour objectif de récupérer sa femme, une obsession si grande qu'il ne se rend pas compte que c'est ce but qui constitue sa plus grande fêlure. Est-ce encore de l'amour quand on se coupe totalement de la réception de l'autre ? Ne devient-il/elle pas un objet à reconquérir coûte que coûte ? Happiness Therapy aurait pu traiter ce sujet de manière lourde et moralisatrice, mais le film préfère prendre pour cadre la relation qui se tisse avec Tiffany (Jennifer Lawrence), personnage aussi déjanté et paumé que lui.

 

Est-il possible que les fous se guérissent mutuellement ? L'idée est séduisante, pour le moins romantique, pas forcément crédible mais qu'importe, le film est magnifique dès que Cooper et Lawrence se retrouvent conjoints à l'écran. On croit toujours que les comédies sont du pain béni pour les acteurs car ils n'auront pas à fournir beaucoup d'efforts, c'est absolument faux. Vu que les histoires sont toutes les mêmes, il faut qu'ils arrivent, dans le peu de liberté qui leur est offert, à ajouter cette touche qui rendra le film différent. Bradley Cooper, que je prenais pour le mec canon bien à la mode pour ces dames (à égalité avec Jude Law), se révèle ainsi très convainquant et Jennifer Lawrence, très à l'aise dans l'honnête Hunger Games, livre une prestation qui justifie tout à fait son oscar, même si le public français aurait préféré le donner à Emmanuelle Riva, afin de lui permettre de mourir comblée.

 

Happiness Therapy se trouve être à mi-chemin entre drame et comédie et, c'est assez rare pour le souligner, s'avère très efficace dans les deux. Même si pour ma part, la relation avec le père (super De Niro) m'a moins intéressé, force est de constater que David O.Russell maîtrise son sujet. On ne quitte jamais vraiment les codes de la comédie romantique, certains pesteront donc contre un happy-end évident, mais les prétentions du film ne sont pas là. Il y a de l'humilité dans l'entreprise, de la tendresse un peu douce-amère, une atmosphère un peu bizarre à la Garden State, bref, de la personnalité au delà du scénario classique.

 

Un dernier mot sur la bande-son absolument ahurissante. Jugez plutôt : Les White Stripes, Led Zeppelin, Bob Dylan, Johnny Cash, une reprise de Goodnight Moon (la chanson de fin de Kill Bill 2), etc... Même Danny Elfman, dont je n'aime pas les compositions habituellement, se sort les tripes. En somme, si vous cherchez un joli film avec un casting qui tient son rang et une BO du tonnerre, Happiness Therapy devrait répondre à vos exigences.

 

 

Happiness Therapy : "Est-ce moi ou les autres qui sont fous ?"
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