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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Electrelane : les furies en folie de Brighton

Publié le 23 Mai 2013 par Asoliloque in critique, musique, electrelane, rock, post-rock, warpaint, the power out, no shouts no calls, album

Groupe : Electrelane

Genre : Post rock

Albums : Rock it to the moon, The Power out, Axes, No Shouts no calls

Années d'activité : 2001 - 2007 ; 2011 -

 

Ces derniers jours, j'ai découvert Warpaint, un groupe de coldwave sympa uniquement composé de nanas et je me suis dit, que si je voulais en parler, ce serait une injure de ne pas d'abord consacrer un article à Electrelane, qui m'a permis de les découvrir. Cela fait 2 ans que je fais référence à Electrelane, souvent en accompagnement de textes, il était temps que je fasse un véritable article à leur honneur.

 

Electrelane, c'est l'histoire de quatre nanas originaires de Brighton (4 autres membres seront là ponctuellement sur les deux premiers albums), qui débarquent en 2001 avec un premier album entièrement instrumental et qui sont parties faire d'autres choses après un 4ème album en 2007. Elles se sont reformées récemment pour quelques concerts, mais rien n'annonce une nouvelle production, ce qui serait bien dommage, tant ce groupe est peut-être un des tous meilleurs du XXIème siècle.

 

Patti Smith et Janis Joplin l'avaient déjà prouvé, Izia (entre autres) l'a rappelé ces dernières années, le rock n'a pas besoin des hommes pour se charger d'électricité, pour casser la baraque et motiver les foules. Les femmes ont largement (et heureusement) posé leur emprise sur le genre, même si les groupes intégralement composés de nanas restent rares, et Electrelane en est sûrement l'incarnation la plus émérite.

 

La grande force d'Electrelane est son incroyable variété d'un album à l'autre, et même d'une chanson à l'autre. Tantôt rock primaire, tantôt post rock, parfois balades pop, le quatuor en offre pour toutes les oreilles et chacun pourra trouver une porte d'entrée à sa convenance, quitte à peut-être faire l'impasse sur d'autres albums. Par exemple, pour ma part, j'écoute assez peu Rock it to the moon et Axes (malgré une reprise furieuse de The Partisan (en live ici)), mais j'ai usé jusqu'à la moelle The Power out et No Shouts no calls.

 

Pour les adeptes de pop rock partisans de sons clairs, de percussions marquées, et de mélodies entraînantes, je conseille ainsi No Shouts no calls, le dernier album en date, entièrement chanté, qui pourra se révéler une belle entrée en matière. Des morceaux comme To The East ou Saturday arriveraient sans problème à devenir des tubes sur des radios (à condition qu'ils soient programmés) tant ils sont facilement abordables mais jouissifs à l'écoute. In Berlin, le morceau le moins représentatif de Electrelane (et paradoxalement celui par lequel je les ai découvertes) ravira celles et ceux qui veulent se faire embarquer sur une balade éthérée. Les autres, qui préféreront un son plus chargé pourront se tourner vers The Lightouse ou Between the Wolf and the dog. En bref, No Shouts no calls est un album qui résume bien toute la discographie d'Electrelane.

 

Mais mon album préféré reste tout de même The Power out (dont je recherche désespérément un vinyle), dont je suis à peu près fan de tous les morceaux. De la balade un peu folle en français (Gone under sea), du morceau sautillant On Parade, du langoureux Birds (en écoute si dessous), du déchirant Oh Sombra (en espagnol), du fascinant This Deed (dont une partie en allemand, tiré de Nietzsche), à l'hallucinant Love Builds up, au délirant Only one thing is needed, et cerise sur le gâteau au tout simplement génial Take the bit between your teeth (en écoute si dessous), The Power out est tout simplement un incontournable, une tuerie, pour toutes les situations que vous soyez dans le bus ou fortement alcoolisé au fond d'une soirée.

 

A force d'écouter Electrelane, malgré la variété de leur morceaux, on se plaît à reconnaître leur son, et c'est assez génial, les artistes qui ont leur son. Qu'on n'aime ou qu'on aime pas, on reconnaît souvent Daft Punk en quelques secondes, Bob Marley (vu que quand c'est du reggae, il y a deux chances sur trois que ce soit lui) ou encore les Stones. Electrelane est de cette trempe, on retrouve soit ces voix hantées, soit cette guitare ensorcelante, toujours ces percussions nettes et précises malgré la densité des morceaux. Electrelane est un vrai fantasme de post rock, ses membres sont des furies implacables dont on ne souhaite maintenant qu'une chose. Qu'elles se remettent à bosser sur un album aussi fendard que les précédents.

 

Les albums en écoute :
Rock it to the moon
The Power out
Axes
No shouts no calls

 

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