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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

BOY : Au delà de la lisse joliesse ?

Publié le 4 Novembre 2012 in musique, critique, pop, folk, BOY, Mutual Friends, album

Article non prévu aujourd'hui (si je commence à publier un papier par jour, vous allez finir par penser que je ne suis pas si feignant que ça, donc ne vous y habituez pas), mais étant donné que j'ai reçu l'album à l'occasion de mon anniversaire, autant en parler, d'autant qu'il a des arguments à faire valoir.

Titre : Mutual friends
Groupe : BOY
Année : 2012
Genre : pop folk

Critique : J'ai connu BOY sur Deezer, lors d'une de mes séances de découvertes musicales, à l'époque où ce site n'était pas totalement moisi et gangrené par les incitations à l'achat d'un compte premium.

Je n'ai pas pu résister à l'appel de ces deux charmantes demoiselles sur la pochette (classique mais sacrément jolie, je trouve, et plutôt révélatrice de l'album), celles et ceux me suivant depuis quelques temps connaissant mon penchant irrémédiable pour les chanteuses, et j'ai donc écouté ce Mutual Friends. Maintenant que je l'ai en main propre, j'ai pu y consacrer à nouveau du temps.

BOY, c'est donc ce duo de jeunes pop-folkeuses (une suissesse et une allemande), et c'est typiquement le genre de groupe qui ne fera pas aimer la folk aux gens qui n'aiment pas la folk. Et c'est également typiquement le genre de groupe dont je suis incapable de dire vraiment du mal, parce que rien n'y fait, j'aime ce genre d'albums.

Mais tâchons d'étayer le propos, car je n'ai cependant pas l'intention d'être dithyrambique. Mutual Friends n'est pour ainsi pas un album révolutionnaire. On retrouve bon nombre d'ingrédients présents chez les autres groupes de « jolies nanas à guitare », du genre June & Lula , ou encore Sea of bees. Généralement, ça donne un album très sympa à écouter, flattant l'oreille, mais le problème est qu'une heure après, on a déjà tout oublié, et pire, on se met à confondre les groupes.

BOY pourrait très bien être emporté par le courant de la mode si les auditeurs ne se penchent pas plus en profondeur sur l'album. Si l'ensemble paraît très lisse au départ (jolies nanas, jolies voix, jolies chansons, joli son, joli album), il s'avère plus texturé et varié quand on l'écoute en détail. De nombreux morceaux arrivent à mêler la balade folk aux inspirations pop-rock sans que ça sonne toc, et au lieu de nous ennuyer, on se rend compte que le travail musical est bien plus développé que dans un banal accompagnement acoustique à la guitare (que je ne dénigre pas, la simplicité est parfois à l'origine de la plus grande beauté, Alela Diane en étant la preuve), on découvre alors un album entraînant et plein de vie, ne s'épargnant pas des passages mélancoliques plus marquées. Railway, par exemple, chanson en plusieurs phases finissant par se confondre avec le bruit d'un train sur des rails, s'en trouve ainsi très réussie (vous pouvez l'écouter ci-dessous).

Les radios ne s'y trompent pas et nous abreuvent de Little Numbers, un morceau s'y prêtant bien, dans le sens où il est efficace et rythmé, bien placé vocalement, en somme très agréable. Quand on voit les monceaux de daubes qui encombrent les ondes, on se dit que ce n'est pas si mal que BOY se fasse une place, même si les demoiselles ne prétendent pas réinventer le genre.

Ma première écoute s'était révélée plutôt banale, la seconde me plaît bien plus, ce qui est plutôt meilleur signe que l'inverse. Pas de doute que BOY saura se faire sa petite place, j'aimerais simplement qu'elles lâchent les chevaux sur leur prochain album, qu'elles sachent se faire tigresses plutôt que chattes. En attendant, je tâcherai de siroter cet album comme un rosé pamplemousse une soirée de pluie, par petites gorgées pétillantes. Mutual Friends n'est sans doute pas un grand album. Mais c'est un bel album, et c'est déjà très bien comme ça.

 

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