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Alela Diane : About Farewell. Ce qui est précieux.

27 Juin 2013 , Rédigé par Asoliloque Publié dans #Alela Diane, #critique, #album, #musique, #folk, #chanteuse, #déesse, #about farewell

Artiste : Alela Diane

Album : About Farewell

Année : 2013

Genre : Folk

 

Critique : Un nouvel album d'Alela Diane, c'est comme retrouver une vielle amie, un amour de jeunesse. On angoisse parce qu'on a vécu avec une représentation, on a idéalisé un souvenir, on est persuadé que rien ne pourra être aussi bien que ce qui est terminé. On se doute qu'il y aura évolution, mais est-il possible d'aimer autant ce qui a changé ou ne tombe-t-on jamais amoureux que d'images figées ?

Alela Diane fait partie de ces artistes pour qui leur meilleur album est également leur premier, et sorti de nulle part. The Pirate's Gospel est un concentré de grâce que je n'ai jamais rencontré ailleurs dans le monde de la folk, et pourtant, je le parcours régulièrement. Pour moi et pour beaucoup, les albums suivants, même si de qualité, ne parvenaient pas à retrouver la perfection du premier. Peut-être était-ce dû à l'effet de surprise passé, ou à une volonté (pas condamnable, dans l'esprit) de s'orienter vers un registre plus pop-folk, voire folk rock .

Mais voici qu'arrive, miraculeusement, About Farewell. Un retour aux sources inespéré, à la folk qu'on aime, qui prend aux tripes jusqu'au bout de la nuit, où l'on ne sait plus très bien si ce qui essore notre âme est de la tristesse ou de la joie. Sans doute qu'à un certain seuil de beauté, ces sentiments viennent à se mélanger. Si l'album est court (un peu plus d'une demi-heure), il suffit pour nous replonger dans l'état d'éveil au monde provoqué à l'époque par The Pirate's Gospel.

On sent bien que la californienne a appris de ses deux précédents albums plus chargés en instruments. Cette fois-encore, on ne se tient qu'assez rarement au duo seul guitare-voix, mais contrairement à Alela Diane and the Wild Divine, chaque instrument est là pour servir la douceur de l'ensemble, que ce soit le violon, la flûte de paon, ou plus surprenants, les percussions. Celles-ci ne servent pas à rythmer les morceaux, mais à les enrober comme des flammes léchant une bûche. Un régal avec un bon casque (et prochainement sur la platine vinyle).

Ainsi, là où avait parfois l'impression qu'Alela Diane perdait ses moyens avec l'ajout d'instruments, About Farewell s'avère remarquablement équilibré, magnifiquement mixé, surtout quand les choeurs se rajoutent, superbes. On arrive par conséquent à une gravité jamais atteinte par le passé. La grâce, oui, mais aussi la classe, la maîtrise, la profondeur. Alela Diane a mûri, elle ne doit plus rien à personne (si tant est qu'elle ait dû par le passé), sa folk est en place, elle peut donc désormais offrir tout ce qu'elle a dans et sur le cœur, notamment sa récente séparation (ce qui prouve une fois de plus que les gens malheureux en amour font souvent de meilleurs disques).

C'est quand on écoute de plus près l'atmosphère éthérée de About Farewell (le morceau), quand on se prend dans la gueule la puissance de Rose & Thorn, quand on s'accroche au piano égaré de Colorado Blue, à la guitare lourde de Nothing I can do (également du piano génial sur ce morceau) ou encore aux choeurs hantés de Hazell Street qu'on se dit qu'on tient enfin le digne successeur de The Pirate's Gospel. Et bien sûr, cette voix, cette voix qui traverses les âges, qui brise les murs, qui devrait sauver des guerres et de la misère, ou peut-être qui prouve que tout est toujours soumis aux moyennes... C'est assez simple, en somme : la déesse Diane est de retour.

Un album précieux, mon préféré de 2013, qui saura combler un tas de nuits trop longues impossibles à remplir. On en a toujours besoin.

 

L'album en écoute

 

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