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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Alan Wake : recommencer à avoir peur du noir.

Publié le 31 Mai 2013 par Asoliloque in critique, jeu vidéo, Alan Wake, stephen king, hitchcock, cinéma, littérature, épouvante

 

A sa sortie sur Xbox 360, Alan Wake a reçu un accueil très positif de la part de la presse comme du public, de part sa volonté de construire une narration solide et un univers cohérent au sein d'une histoire fantastique. L'objectif était clair, rendre hommage aux grands noms de la littérature et du cinéma d'épouvante, Stephen King en tête. A l'occasion d'une baisse de prix sur PC, je me le suis procuré, voyons un peu si les bons retours étaient justifiés.

 

Le pitch du jeu est le suivant : Alan Wake, écrivain à succès en manque d'inspiration (comme tous les écrivains à succès), part en vacances avec sa femme Alice à Brigth Falls, une petite ville du nord ouest américain pour se mettre un peu au vert. Ils emménagent dans un chalet sur le lac de Cauldron et tout pourrait bien se passer si une entité maléfique nommée Ombre noire n'avait pour ambition de kidnapper Alice, ce qu'elle réussit. Alan se réveille une semaine plus tard dans sa voiture accidentée, sans aucun souvenir des sept jours passés, mais l'Ombre noire prend désormais possession des lieux. Plus étrange, Alan retrouve sur son chemin des extraits d'un manuscrit écrit de sa main, dont il n'a aucun souvenir, mais qui décrivent les événements entrain de se produire.

 

Afin de comprendre ce qu'il s'est passé et comment sauver Alice, il va falloir saisir en quoi consiste l'Ombre noire. Il s'agit d'une sorte de brouillard qui se développe dans toutes les zones sombres, prenant possession des êtres (et des objets) afin d'en faire des esclaves désincarnés. L'Ombre noire ne craint qu'une chose, vous vous doutez laquelle : la lumière. Ainsi, dans Alan Wake, votre meilleure alliée sera... votre lampe torche. Ainsi, lors des affrontements avec les possédés, vous devrez les éclairer suffisamment longtemps pour que l'Ombre noire les abandonne, puis les abattre avec le revolver mis à disposition.

 

Alan Wake : recommencer à avoir peur du noir.

Le système semble simple : on éclaire puis on tire. C'est sans compter sur la remarquable habilité des possédés (de près comme à distance), et leur grand nombre dans bien des situations. Même si les munitions (de pistolet et de fusil de chasse) se trouvent assez facilement, elles s'usent aussi très vite. Il faut en effet compter au minimum 3 balles pour un possédé « de base », alors que votre chargeur est limité à 42. Je peux vous assurer qu'elles se grillent vite. Pour vous aider, vous aurez à votre disposition des feux de détresse (qui repoussent les ennemis grâce à une lumière forte) et, plus puissants, un pistolet à fusée ainsi que des grenades flash. La subtilité vient donc à économiser son matériel, car il vaut mieux terminer un niveau avec des balles en trop qu'à poil dans la forêt.

 

Mais il pourra vous arriver de vous retrouver cul-nul, et il faudra fuir, à la recherche d'un lampadaire ou des phrases d'une voiture. C'est souvent à ce moment-là qu'on se rappelle qu'on contrôle un écrivain et non un super héros. Il est en effet assez rigide, pas très rapide, et les séances de sprint seront écourtées. Dans ce jeu, vous aurez bien plus souvent l'impression d'être la proie que le prédateur, car oui, les possédés sont souvent plus rapides que vous.

 

Si les premières heures de jeu paraissaient assez frustrantes (on peste contre la caméra trop rapprochée, on meurt souvent bêtement), c'est parce qu'on a pas encore compris l'objectif de Remedy : nous mettre dans un état de totale alerte. Ainsi, alors que je n'y croyais pas, jouer à Alan Wake m'a redonné la peur du noir. Jamais n'avais-je été aussi heureux de trouver un projecteur, un lampadaire ou tout simplement des piles pour ma lampe (car oui, la lampe s'use...). A l'inverse, on rechigne souvent à s'aventurer dans la forêt, dans une vieille mine ou même une maison mal éclairée. Mais on continue, car le scénario et l'ambiance nous happent irrémédiablement.

 

On prend un plaisir fou à braver l'angoisse pour retrouver ces pages de manuscrit dispersées çà et là afin d'en apprendre plus sur l'histoire et ses personnages, et force est de constater que le scénario s'avère tout à fait correct, à condition d'accepter son postulat fantastique (et encore, ça se discute). Bien sûr, beaucoup de questions resteront floues pour laisser la place à une suite, mais globalement c'est un joli boulot que nous fournit Remedy.

 

Alan Wake : recommencer à avoir peur du noir.

Les développeurs ont pour cela puisé chez les maîtres du genre, mais à la différence de certains qui bouffent à tous les râteliers sans citer leurs sources, elles sont cette fois réellement mises en avant. Ainsi, au delà de Stephen King, de nombreuses références à Hitchcock seront faites (oui, vous allez même vous faire attaquer par des oiseaux), ainsi qu'à Lovecraft, à Twin Peaks ou encore Délivrance. Pour ma part, j'ai aussi retrouvé une ambiance commune à Shutter Island et ça m'a fait penser à la saga Silent Hill. Bref, il y a du lourd, et le mélange tient la route.

 

Car au delà du scénario, c'est vraiment sur l'ambiance qu'Alan Wake se démarque de la concurrence. En plus de l'atmosphère angoissante très réussie (les développeurs ayant eu l'idée géniale d'inclure quelques séquences de jour afin de faire redescendre la pression dans l'optique de nous refaire pleurer la nuit), il y a toute une galerie d'à côtés qui rendent l'aventure très immersive. Vous pourrez par exemple écouter une émission de radio tenue par un autochtone qui relate certains événements que vous avez loupé. Il y a également des télés diffusant une série dans le genre « Au delà du réel », très sympa à suivre. Et comment ne pas citer la galerie de personnages secondaires tous aussi loufoques les uns que les autres, de Barry l'agent en doudoune rouge à la Shériff locale en passant par deux frères anciennes stars du métal et fans de mythologie nordique, il y en a pour tous les goûts, même si Alice, qu'on voit finalement peu, est assez insupportable.

 

En somme, Alan Wake réussit là où beaucoup d'autres productions ont raté. Réunir efficacement jeu vidéo et cinéma (et littérature), où l'on s'implique réellement dans le récit, au point de faire l'impasse sur un gameplay un peu rigide et répétitif. Si ça ne vous convainc pas, jetez un coup d'oeil à bande originale, absolument merveilleuse (il faut cependant aimer le rock et la folk). En attendant, je conseille à celles et ceux qui voudraient se payer un tranche (assez longue) d'épouvante de se tourner vers Alan Wake, vous pourriez bien avoir envie à l'avenir de laisser la lumière allumée.

 

 

Alan Wake : recommencer à avoir peur du noir.
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