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Des déesses, des diablesses, des petits monstres magnifiques...

Marissa Nadler, The Saga of mayflower may : ballades avec la tendresse

Publié le 28 Février 2014 par Asoliloque in écriture, musique, critique, album, marissa nadler, folk, alela diane, the saga of mayflower may, yellow lights

Artiste : Marissa Nadler

Album : The Saga of mayflower may

Année : 2005

Genre : Folk

 

Critique :  Vous l'aurez remarqué, l'ambiance est à la nostalgie, en ce moment. Comme je ne découvre rien qui m'emballe, je plonge dans mes cartons aux merveilles, et j'en ressors des que j'avais injustement laissées prendre la poussière. C'est fou le nombre d'albums à côté desquels on est passé vraiment près, au point de les frôler, de sentir leur souffle et leur envie, mais où l'on a continué parce qu'on en voyait un plus rutilant à l'horizon. C'est parfois le hasard de la sélection aléatoire, souvent la flemme d'aller creuser plus loin, parce qu'on vient de tomber sur une miraculeuse capable de calmer les angoisses, et qu'on lui fait pour l'instant pleinement confiance.

 

J'ai découvert Marissa Nadler la même nuit qu'Emily Jane White (et Sophie Zelmani, aussi, dont je vous parlerai peut-être un jour), c'est dire à quel point cette nuit fut déterminante. Je crois que j'ai écouté ses albums un peu (trop) à l'arrache, dans le désordre, sans me soucier de quel morceau appartenait à quelle compilation. Et puis je suis tombé sur The Hole is wide. Une chanson prodigieuse, inquiétante, où sa voix hantée vient se caler sur un piano imperturbable. J'ai tellement été obsédé que j'en ai oublié d'écouter le reste, et, au fil des ans, il n'est resté que ce morceau.

 

Jusqu'à ce que ces derniers jours, le nouvel album de Marissa Nadler sorte, et que je réalise que j'aurais peut-être dû plus me pencher sur elle (en toute amitié). Oui, pour celles et ceux qui on lu mon article sur Emily Jane White, c'est à peu près la même histoire. Jusqu'au fait que ce n'est précisément pas du dernier album dont je vais parler, même s'il comporte nombre de morceaux très bien (notamment Firecrackers), ni même celui sur lequel figure The Hole is wide. Je vais remonter plus tôt dans le temps, en 2005, pour The Saga of mayflower may.

 

Marissa Nadler est issue d'une famille d'artistes (sa mère est peintre, son frère écrivain), adore les vieilles histoires qui se transmettent oralement autour du feu, écoute Leonard Cohen et Joni Mitchell, et pourtant, elle est née à Washington DC. Comme quoi, il n'est pas forcément nécessaire d'être californienne comme mon Alela Diane favorite pour être une folkeuse émérite. Marissa Nadler privilégie la guitare, occasionnellement le banjo, et la flûte (on me souffle dans l'oreillette que c'est un tin whistle), ce qui la rapproche un peu de Mariee Sioux, et plonge sa voix cristalline dans les nimbes de l'écho. Je sais qu'on emploie le terme « éthéré » à tout bout de champ, mais il s'y prête très bien pour elle.

 

Alors que je discutais avec une amie jusqu'à 4h du matin hier soir, j'ai écumé The Saga of mayflower may en boucle pendant plusieurs heures, et je me suis dit que ce j'aime dans la folk, c'est cette capacité à sortir des ballades sublimes avec deux accords de guitare. C'est très compliqué de faire des choses belles, c'est encore plus compliqué de faire des choses belles ET simples. Le sommet de l'album est assurément pour moi Yellow Lights, d'une perfection qui fout les frissons, aussi bien dans la musique, dans la voix, que dans les textes (je sais que je parle assez rarement des textes quand ils sont anglophones, mais chez Marissa Nadler, un vrai soin leur est apporté).

 

The Little famous song est également une petite merveille dans les variations de sa mélodie, qui m'ont presque rappelé des morceaux de Melanie. Damsels in the dark fait de la mélancolie une seconde peau, sans avoir l'air d'y toucher, et disparaît sans prévenir au bout d'une minute trente. Citons également Lily, Henry and the willow trees, ou bien My Little Lark, qui enroulent le corps dans une couverture de justesse et de beauté. Rien de violent, rien pour satisfaire les excités du bocal, à peine quelques percussions qui se devinent timidement au casque pour venir réveiller les fatigués au fond de la salle. Que de la tendresse, de la tristesse et de la joie, sans vraiment faire le tri.

 

Je crois qu'on a jamais vraiment besoin de grand-chose d'autre.

 

Grey the shades of all nights past me
Red the blood inside the old tree
Come a-riding in the fall with me

 

L'album en écoute

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